Les caractéristiques d’une levure

19 novembre 2013 par Vincent Roy

Quand on entend « trop c’est comme pas assez », on peut facilement relater à la création d’une recette de bière. Il y a tellement de sortes de malts, de houblons et de levures qu’on ne sait parfois plus par où commencer. Au niveau de la levure, on peut généralement les grouper en grandes familles/catégories (Anglaises, Belges, Allemande, de blé, etc.). Ça aide un peu, mais quand on regarde un peu plus loin, les levures dans une même catégorie peuvent être bien différentes!

Comment choisir? Plusieurs critères peuvent entrer en jeu. Les producteurs de levures peuvent généralement nous fournir des statistiques très avancées au niveau de chacun de leur produit. Il est très facile de s’y perdre! Je voulais donc vous donner un petit résumé des caractéristiques les plus importantes à regarder quand on cherche la levure idéale pour notre recette. Les quatre caractéristiques les plus importantes à regarder sont l’atténuation, la floculation, les températures optimales et la résistance à l’alcool.

Il faut noter que ces données sont calculées à partir d’un moût de bière normal et qu’ils ne sont pas garantis. Beaucoup de facteurs peuvent les faire varier (ajout de sucres simples, méthodes de brassage différentes, etc.).

 

Atténuation (Attenuation)

L’atténuation d’une levure nous est fournie en intervalle de pourcentage (ex : 73-80%). Ça indique le pourcentage de sucre qui est converti (en alcool, CO2, etc.) dans un moût de bière durant la fermentation. Ce pourcentage calculé à l’aide de la différence entre la densité initiale (OG) et finale (FG) de fermentation. La formule est la suivante :

[((OG-FG)/(OG-1)) x 100

L’atténuation a un impact sur la densité finale. C’est ce paramètre qui indiquera la quantité de sucres résiduels post- fermentation. Une faible atténuation donnera une bière avec plus de corps, plus liquoreuse tandis qu’une haute atténuation donnera une bière plus sèche, plus facile à boire.

Les levures à bière offrent généralement entre 65% et 85% d’atténuation.

Évidemment, d’autres facteurs ont un impact sur l’atténuation d’une bière tel que la quantité/vitalité de la levure, la température d’empâtage (qui fait varier les types de sucres dans le moût), la température de fermentation, la résistance à l’alcool et bien plus.

 

Floculation (Flocculation)

La floculation représente la capacité de la levure à se regrouper à la fin de la fermentation pour ainsi tomber au fond du fermenteur. Elle est représentée par une échelle de « très bas » (very low) à très haut (very hi). Ça a un impact direct sur la clarté de la bière. Les cellules étant moins regroupées sont moins lourdes, donc flottent. Elles tombent en se regroupant.

La floculation peut avoir un lien avec l’atténuation, car en tombant plus vite, elle se dépose au fond sans avoir fini son travail à 100%. Ça peut aussi laisser plus de diacétyle ou autres produits dans la bière, car ceux-ci sont généralement reconvertis à la fin de la fermentation

Les autres principaux facteurs ayant un impact sur la floculation sont l’âge de la levure (nombre de réutilisation) et la température de fermentation. Un manque de minéraux nécessaires pour la fermentation peu aussi entrer en jeu.

 

Températures optimales (Optimum température range)

Cette caractéristique et assez simple à comprendre. Il s’agit de l’intervalle de température idéale pour la fermentation de cette levure (ex : 18-21°C). Attention, on parle bien de la température de la bière, et non de la température ambiante, car l’activité de la levure peut générer beaucoup de chaleur à l’intérieur de la bière. La température n’est donc pas nécessairement la même que l’endroit où elle est entreposée.

Ce critère est surtout important à respecter au début de la fermentation (reproduction des cellules et fermentation primaire), car c’est à ce moment que se développeront la plupart des produits non désirables dans la bière.

Il n’est pas obligatoire de respecter cette information à la lettre, mais c’est ce que la compagnie conseille pour avoir des résultats optimaux. Rien ne vous empêche de sortir des sentiers battus, à vos propres risques.

 

Résistance à l’alcool (Alcohol tolérance)

L’alcool est une sorte de déchet sécrété par la levure. En trop grande quantité, celle-ci devient toxique pour la levure et la tue. Certaines souches sont plus résistantes que d’autres, mais elles ont toutes une limite. Les chiffres fournis sont approximatifs, car plusieurs facteurs peuvent entrer en jeu comme la quantité de levures ainsi que son niveau de stress. Cette caractéristique est surtout importante à tenir en compte quand on veut faire des bières fortes. Ça peut aussi être utilisé à savoir quand on fait de l’hydromel ou du cidre et que l’on désire garder un certain niveau de sucre après la fermentation.

 

J’espère que ça vous aidera à faire des choix plus judicieux pour vos prochaines recettes. Avant tout, assurez-vous d’avoir de la levure en santé et en assez bonne quantité pour votre brassin. Sinon, les caractéristiques résumées plus haut ne vous serviront pas à grand-chose!

Bon Brassage!

Fermer son fermenteur

16 juillet 2013 par Vincent Roy

La levure à bière est un organisme très intéressant. Contrairement à bien des « êtres vivants », elle est capable de se reproduire et de se nourrir sans présence d’oxygène, de façon anaérobique. Par contre, elle est aussi capable de fonctionner en présence d’oxygène, de façon aérobique. L’oxygène augmente grandement son efficacité à se reproduire et à travailler, mais ça augmente aussi son niveau de stress, ce qui favorise la production de saveur/odeurs indésirables dans la bière. Voilà donc pourquoi il est recommandé d’aérer le mout avant d’y mettre la levure, mais d’ensuite éviter tout contact avec l’oxygène*. Il est donc important d’avoir une barrière entre l’air ambiant et la bière. Pour faire suite à mon article au sujet des fermenteurs, je croyais qu’il serait complémentaire de parler de la façon dont on ferme ou isole ces fameux contenants.

La bière qui fermente produit beaucoup de dioxyde de carbone (CO2), on ne peut donc pas tout simplement fermer le fermenteur avec un simple bouchon, car la pression à l’intérieur de celui-ci finirait par le faire exploser ou bien tuer (écraser) la levure (dans un contenant très résistant à la pression)

*On tente aussi d’éviter le phénomène de l’oxydation qui est dû au contact avec l’oxygène. Dans la phase initiale de la fermentation, l’oxygène est consommé par la levure.

 

La bonde aseptique (air-lock)

La bonde aseptique est un classique chez les brasseurs amateurs. Ça vient même avec les plus petits kits de brassage ou de fabrication de vin pour débutants. C’est un outil bien efficace pour couper le contact entre l’air et la bière tout en permettant au CO2 de sortir. Il existe deux principaux modèles. Dans les deux cas, la barrière est faite par un liquide (idéalement un liquide aseptisant ou de l’alcool fort). Les deux types s’insèrent sur un bouchon de caoutchouc. Dans un cas, une pièce amovible déposée sur le liquide est soulevée par le gaz qui s’échappe. Le CO2 est donc poussé à l’extérieur par en dessous. Dans l’autre cas, deux petites chambres en forme de « S » contiennent du liquide. Le CO2 pousse le liquide dans la première chambre et sort en bulles lorsque la pression est assez forte. La gravité remet ensuite l’eau en place. Les parties de plastique se nettoient bien quand on les laisse tremper dans du nettoyant et le caoutchouc peut être bouilli 10-15 minutes pour l’aseptiser en profondeur. Il est conseillé de se débarrasser d’un bouchon de caoutchouc qui commence à craquer. Aussi, assurez-vous toujours d’avoir assez d’eau pour créer une barrière avec l’air.

Au niveau théorique, ces deux bondes sont très efficaces. Par contre, en pratique elles sont limitées parce que la bière qui fermente activement produit beaucoup de mousse (composée de levures, protéines, particules de houblon, etc.) qui peut pénétrer dans la bonde et sortir avec le CO2. Ce cas n’est pas catastrophique, mais ça peut être salissant et ça peut favoriser la formation de moisissure. Par contre, il peut arriver que la mousse bloque la bonde. Dans ce cas, il peut arriver que la pression monte jusqu’à ce que le bouchon soit violemment expulsé. S’en suit un grand jet de bière qui peut être assez difficile à nettoyer, une fois séché. Dans le pire des cas, si le bouchon de caoutchouc est vraiment bien agrippé à une tourie. Celle-ci pourrait même éclater! Bref, je recommande personnellement l’utilisation de ce type de bouchon lors de fermentations secondaires.

 

 

Tuyau d’évacuation (blow-off tube)

Afin d’éviter les petits problèmes reliés à une bonde aseptique, le tuyau d’évacuation (traduction libre de blow-off tube) est une très bonne alternative. Il s’agit d’un tuyau installé à l’ouverture du fermenteur. Celui-ci se rend ensuite dans un contenant de liquide aseptique. Comme il est sous le liquide, le CO2 peut sortir sans laisser entrer d’air. Cela permet au surplus de mousse et de levure de sortir dans le contenant et d’éviter les dégâts. C’est la méthode qui est généralement utilisée par les brasseries commerciales. Il faut bien nettoyer le tuyau après utilisation. On peut le faire en le laissant tremper dans du nettoyant. Il est possible d’acheter un tuyau de vinyle de 1 pouce de large à la quincaillerie pour insérer à l’entrée d’une tourie regulière. On peut aussi mettre un tuyau de 5/16 de pouce dans l’ouverture d’un bouchon de caoutchouc pour bonde aseptique, mais cette solution possède quand même des risques de bloquer (chose qui m’est déjà arrivée)…

Il faut faire attention quand on refroidit la bière après avoir connecté le tube, car la bière en rétrécissant (phénomène de dilatation relié à la chaleur) peut aspirer du liquide dans le fermenteur.

 

Air libre

Dans certains cas, des brasseurs utilisent des fermenteurs ouverts. La mousse, la levure, et le CO2 (qui est plus lourd que l’air) forment une sorte de couche protectrice sur la bière. C’est une méthode plus ancienne qui n’est plus si souvent utilisée et qui demande du matériel différent. C’est bien plus risqué à faire chez soi, car il faut un endroit isolé extrêmement propre et sans vent qui peut apporter de la poussière sur la bière, sans mouche, sans fourmis, etc. De plus, dès que la fermentation devient moins active, la barrière naturelle ne sera plus efficace, la levure va tomber et l’oxygène pourra  faire son chemin.

 

Divers

Quelques personnes utilisent parfois une sorte de goujon de bois pour bloquer l’ouverture du fermenteur (après la fermentation). Ils le font pour tenter de reproduire la respiration du bois dans un baril de chêne. C’est surtout utilisé dans des bières sûres où l’on voudrait donner une touche d’oxygène à certaines levures sauvages.

Il existe aussi une façon de fabriquer une sorte de bonde aseptique soi-même avec un condom percé à l’aide d’une aiguille à l’extrémité. L’élasticité du latex permet uniquement au CO2 sous pression de sortir sans laisser entrer l’oxygène. Je l’ai testé une fois chez un ami qui avait perdu son dernier bouchon de caoutchouc et ça fonctionne. Par contre, une fois que la fermentation réduit d’intensité (réduction de pression), je ne suis pas sûr si le condom gardera toujours son étanchéité à l’oxygène. Ça peut toujours être utilisé comme plan B.

Plusieurs personnes travaillent sur des projets plus technologiques. On travaille sur des bouchons qui peuvent mesurer la température ou la densité à l’aide d’une sonde. On verra ce que l’avenir nous réservera à ce sujet.

 

Les outils sont différents, mais le principe est souvent le même. À vous de tester. À vous d’apprendre ce qui fonctionne le mieux pour vous. À vous de décider si vous voulez prendre le risque de devoir nettoyer le plafond ou non. Mon conseil : tuyau d’évacuation en fermentation primaire et bonde aseptique pour les fermentations secondaires, le vin, l’hydromel et le cidre.

Bon brassage!

Des accords bières et bouffe : du jerky, du chocolat et des Grok!

13 juin 2013 par Bière-Luc

Les accords bières et mets sont de plus en plus populaires et avec raison – c’est souvent l’occasion de faire de délicieuses découvertes. Mais dans la vraie vie (la vraie de vraie), nous n’avons pas toujours le loisir d’élaborer des accords gastronomiques complexes. Dans ces moments où le temps file, je m’en remets à mes classiques les plus simples pour l’apéro ou le dessert; voici quelques exemples :

  • Du jerky de saumon avec un bon vin d’orge (barley wine) pour le contraste sucré-salé;
  • Du chocolat noir avec un stout impérial pour la complémentarité divine.

Il n’y a pas de recette, pas de procédure. Je ne suis pas un théoricien de l’accord parfait, je suis un épicurien du plaisir spontané. Lorsque j’organise des dégustations bières et fromages à la maison, je choisis quelques bières de styles différents, une sélection variée de fromages et j’incite mes invités à goûter chaque fromage avec chaque bière. En plus de nous permettre de manger PLUS de fromage, cette façon de faire, un peu à tâtons, nous permet de tirer des conclusions sur ce qui fonctionne le mieux et ce qui est moins intéressant.
Récemment, j’ai découvert un nouveau produit qui peut accompagner la bière pour une soirée bien tranquille, une alternative santé aux croustilles par exemple : Les Grok. Il s’agit d’une collation entièrement constituée de fromage Grana Padano, un fromage italien similaire au parmesan, cuit au four. Vous pouvez en manger sans remords avec votre bière préférée, je pense à une bonne brune anglaise aux noix (La British de la microbrasserie À la Fût) ou même à la Glutenberg rousse de BSG qui, comme les Grok, ne contient pas de gluten. Si vous vous sentez plus créatif, vous pouvez aussi intégrer les Grok dans des recettes (tartare, hors d’oeuvre, salades, etc.). Je suis tombé sur une vidéo de Bob le chef qui met justement ce produit en valeur avec simplicité et bon goût.

Et parlant de Grok, il y a un concours sur leur page Facebook qui pourrait vous permettre de gagner 300$ en argent ou des produits Grok. Vous avez encore toute la fin de semaine pour participer (jusqu’à lundi 17 juin à 14h). Ça ne coûte rien d’essayer : https://www.facebook.com/GrokCanada/app_601289279883298

Pour le reste, j’aimerais connaître vos accords classique les plus simple pour marier la bière et la nourriture. Laissez un commentaire ou joignez-nous sur Facebook : https://www.facebook.com/BieresduQuebec

Suggestions bières hebdo : Propolis et Seigneuriale

7 juin 2013 par Bière-Luc

Deux bières, trois descriptions… allez savoir pourquoi!

Propolis – Brasserie Dunham

Blonde voilée avec une mousse très dense et épaisse. Le nez est levuré et il évoque les agrumes. En bouche, la bière se présente sous un jour très pétillant – l’effervescence est redoutable – avec des saveurs florales, des notes plus sucrées et une finale légèrement épicée. Je suis un fan de Dunham et notamment de sa Saison Rustique. À ce titre, je ne savais pas comment approcher cette Propolis qui se veut une remplaçante légitime de la Wit. Cette bière est définitivement meilleure que sa «prédécé-soeur»!

Seigneuriale – Unibroue

J’ai dégusté cette bière il y a au moins cinq ou ans lors de sa dernière parution sur les tablettes et je l’ai goûtée à nouveau récemment. Pour le plaisir de l’exercice, je vous présente mes notes de dégustation de jadis et d’aujourd’hui :

Jadis : Orange thermos des années 70. Joli bouillon. Un peu d’abricot et de banane au nez. Des Honeycombs (!) et du pain aussi. En bouche, le sucré nous attaque, l’amertume nous défend, l’épicé nous surprend, le floral nous questionne. Puis, dans une ritournelle, l’alcool s’affirme enfin comme une consolation au dilemme des saveurs. La banane nous revient. Voilà une autre bonne bière d’Unibroue que je souhaite voir revenir sur le marché. Beaucoup de surprise et de mystère. Une vraie bière de dégustation.

Aujourd’hui : Bière de couleur orangée avec une mousse précipitée. Le nez laisse transparaître quelques parts d’épices et de fruits (banane, poire). En bouche, le rappel des fruits est imminent avec une touche de caramel et de saveurs enrobantes levurées et épicées. Je suis vraiment heureux qu’Unibroue ait décidé de faire revivre ce classique, ne serait-ce que pour l’immortaliser une fois de plus.

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Week-end illimité : boire le meilleur de Montréal

4 juin 2013 par Bière-Luc

Parfois, je me dis que j’aimerais faire la tournée des meilleurs broue pubs (microbrasseries) à Montréal, ceux qui brassent leur propre bière. En fait, je ne voudrais pas tous les visiter dans une seule journée, mais peut-être en identifier quelques-uns qui m’intéressent particulièrement et déterminer un trajet qui pourrait me permettre de boire le meilleur de Montréal le temps d’une fin de semaine. Évidemment, c’est le genre de projet qu’il faut planifier pour éviter de perdre du temps et de l’argent. Et c’est là que l’astuce est de mise…

Avez-vous entendu parler du titre de «week-end illimité»? C’est un nouveau titre de transport de la STM qui est disponible depuis le début de l’année. Grosso modo, ce titre vous permet de vous déplacer à volonté en bus et en métro, dans l’ensemble du réseau STM, à partir du vendredi 18h et jusqu’au lundi matin 5h et ce pour 12$. Je pense que ce titre représente la solution idéale pour rendre ma tournée efficace et à bas prix.

Alors maintenant que je sais comment je vais me déplacer, voici mon plan de match :

Vendredi 18h : Je prends le métro jusqu’à la station De l’Église pour aller visiter le nouveau Benelux qui vient d’ouvrir à Verdun. Je dois dire que leur première succursale, celle sur Sherbrooke, est l’une de mes destinations bière préférées à Montréal et je suis sûr qu’ils ont fait quelque chose de bien au nouvel emplacement. Évidemment, je vais tenter de dénicher un verre exquis de Grande Armada, s’il en reste (parce que non, ce n’est pas un produit régulier).

Vendredi 20h : Je descends à nouveau dans le métro pour rejoindre la station Berri-UQÀM au centre-ville. Rendu là, je pourrai visiter le Saint-Bock (pour ses nombreuses lignes de fût et son impressionnante sélection de bières importées en cave), l’Amère à Boire (pour leur blanche que j’adore) et le Cheval Blanc (pour ses récentes bières houblonnées qui font jaser). Ces trois pubs se parcourent aisément à la marche une fois dans le secteur. Un verre dans chaque établissement pour demeurer sage… mais surtout pour garder la forme pour le lendemain.

Vendredi 22h : Je rentre à la maison comme un grand.

Samedi 19h : Je me faufile jusqu’au métro Rosemont et j’attrape l’autobus qui me mènera jusqu’à l’avenue de Lorimier pour commencer la soirée en beauté au Broue Pub Brouhaha. Il y a plein de classiques instantanés à découvrir là-bas. En plus, si vous passez le mardi à partir de 15h, le Brouhaha fait une nouvelle tentative dans son Randall. Pour les non-initiés, le Randall est un dispositif qui permet d’infuser des saveurs dans la bière à même la ligne de fût. À partir de là, tout est permis: j’ai déjà vu des bières être infusées de houblon, de fruits et même de bacon!

Samedi 20h : J’attrape à nouveau l’autobus pour continuer vers l’Est jusqu’au Boulevard Saint-Michel. Ensuite, je marche jusqu’au bar La Succursale qui vient de célébrer son deuxième anniversaire pour me laisser tenter par leur nouveau barley wine. Cheers!

Samedi 21h : La soirée est jeune, j’attends l’autobus sur Saint-Michel pour me rendre jusqu’à la station Joliette. À partir de là, je peux marcher jusqu’à l’Espace Public – Brasseurs de Quartier pour clore la soirée avec la recommandation que le barman me fera sur place. Des fois il faut se laisser conseiller!

Samedi 22h30 : Je rentre à la maison comme je peux.

Dimanche 17h : Je commence la soirée plus tôt pour pouvoir manger sur place et pour finir plus tôt; je travaille le lendemain. Pourquoi ne pas commencer par les 3 Brasseurs près de la station Peel? Ils servent de bonnes flammekueches et ils ont quand même quelques bières intéressantes au menu.

Dimanche 19h : Un week-end illimité de microbrasseries à Montréal ne serait pas parfait sans un arrêt chez Dieu du Ciel! qui se trouve près du Métro Laurier. Une fois chez Dieu du Ciel!, je ne peux pas vous dire à quelle heure je rentrerai chez moi… mais je rentrerai! Si je peux avoir un verre d’Herbe à Détourne (merveilleuse triple houblonnée au houblon Citra), je serai au septième ciel!

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Au total, j’aurai fait 10 déplacements (ou plus) pour 12$. Si ça se trouve, j’aurai économisé assez d’argent pour me payer une pinte de plus! Alors, vous embarquez avec moi? Je vous réchauffe une place dans le troisième wagon à partir de la gauche ;)

Suggestions bières hebdo : 5 bières québécoises à ne pas manquer au Mondial de la Bière

1 juin 2013 par Bière-Luc

Il ne reste que deux soirées avant la fin du 20e anniversaire du Mondial de la Bière. L’heure n’est pas encore au bilan pour cette édition 2013, mais j’anticipe un réajustement majeur pour l’an prochain. Toutefois, je m’en tiendrai – pour l’instant – à quelques suggestions puisque le temps file. En guise de suggestions de la semaine, voici mon top 5 des meilleures bières québécoises que j’ai eu la chance de déguster au festival cette année.

5- Berlin Alexanderplatz – Hopfenstark
Bière de couleur pâle, voilée, avec un nez de bananes et de limonade très citronnée. En bouche, l’acidité et le côté sûr prennent toute la place. Au final, après le combat, ne reste qu’un arrière-goût fruité.

4- Grätzer – La Succursale
Jaune paille, très pâle et limpide avec un impressionnant nez boucané. La fumée se poursuit admirablement en bouche sur une trame acidulée. Une belle découverte au Mondial cette année.

3- Nano IPA – Brasseurs Sans Gluten
Blonde trouble et peu mousseuse. Nez d’herbe fraîchement coupée et de houblons verts; c’est merveilleux. En bouche, le côté fruité des houblons s’exprime avec force. L’une des meilleures bières de Brasseurs Sans Gluten à ce jour, selon moi.

2- Bonheur – Le Cheval Blanc
Blonde voilée de joie. Nez puissant de houblons fruités. La bouche est tropicale, un peu mince, mais foutrement satisfaisante en saveurs. Le bonheur, c’est Stéphane Thibodeau qui me l’a servi avec le sourire!

1- Tante Tricotante Chardonnay – Microbasserie du Lac Saint-Jean
Bière blonde-orangée, voilée, avec un nez de fruits mûrs. En bouche, le boisé donne toute ses lettres de noblesse à cette bière que je trouvais déjà exquise. Les agrumes prennent leur place dans un flux à la fois vanillé et boisée… Totalement dans ma palette!

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Quelques mentions spéciales :

- La Choutte (porter fumé) d’Archibald – Je ne savais pas que cette microbrasserie pouvait aller jouer dans ce registre. À quand du porter fumé en cannette?

- Solstice d’Été (bière sûre aux framboises) de Dieu du Ciel – Encore un succès à prévoir pour cet été. Surveillez ce brassin momentum qui sera encore disponible en quantité TRÈS limitée au mois de juin.

- La Gose de l’Alchimiste – J’ai bu quatre Gose dans ma vie, je ne considère pas que je suis un spécialiste pour analyser le style. Si je la compare à celle des Trois Mousquetaires qui est disponible en bouteille depuis quelques semaines, je dirais que celle-ci est moins sûre et plus salée. Le profil des Gose québécoises commence à se dessiner, on aime ça!

Suggestions bières hebdo : Dominus Vobiscum Triple et «E»

24 mai 2013 par Bière-Luc

Cette semaine, je vous présente l’un de mes classiques : la Dominus Vobiscum Triple de la Microbrasserie Charlevoix. Ma deuxième suggestion est une nouveauté; il s’agit de la «E», la cinquième bière de la série alphabétique de Brasseurs Illimités. J’aime l’audace et la créativité de cette série. Par ailleurs, j’ai assisté au BBQ annuel de la brasserie et j’ai pu goûter à d’excellents produits qui seront sur les tablettes très bientôt. À surveiller!

Dominus Vobiscum TripleMicrobrasserie Charlevoix

Blonde orangée et voilée avec une mousse précipitée qui s’éteint tranquillement. Nez évident de levures avec une pointe d’oranges, de bonbon sucré et un peu d’alcool quand on en cherche. Au goût, ce sont surtout les épices qui s’expriment sur un fond d’agrumes, d’alcool et de poivre. Du grand art belge… à Baie-Saint-Paul!

«E» – Brasseurs Illimités

Bière cuivrée, parfaitement limpide avec une belle effervescence et un col de mousse éphémère. Le nez vacille entre le houblon et le caramel. On décrit cette Pale Ale Américaine comme une «Cascade Light» et j’aurais tendance à être d’accord avec l’appellation. La saveur est présente, mais tout se trouve dans les nuances. Buvabilité extrême!

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Suggestions bières hebdo : Herbe à Détourne et Gose

17 mai 2013 par Bière-Luc

En ce beau vendredi (qu’il fasse soleil ou non dans votre coin de pays, le vendredi c’est toujours «beau»), je vous suggère deux bières qui sortent des sentiers battus. Quand je parle de sentiers battus, je ne parle pas d’un sentier qui aurait été maltraité dans sa jeunesse, je parle d’un sentier bien frappé qui aurait vu passer beaucoup de paires de bottes ou – comme dirait Félix – plusieurs paires de souliers qui ont beaucoup voyagé! Sur cette note semi-poétique, décapsulez-vous une bonne bière et passez un bon week-end.

Herbe à Détourne – Dieu du Ciel!

Bière ambrée / dorée et voilée avec une mince couronne de mousse. Le nez est totalement Citra (rien d’autre!). De l’ananas, de la mangue et des agrumes émanent sans réserve. En bouche, le tout se confirme avec un gros punch aux fruits houblonné à souhait. C’est une fête divine pour les papilles. L’amertume fruitée mène la danse jusqu’à la finale, plus alcoolisée, qui réchauffe avant le rappel. Cette bière a beaucoup plus de points en commun avec la dernière IPA américaine que j’ai bue qu’avec l’ensemble des Tripel que j’ai dégustées dans ma vie… mais quand j’aime, je pardonne tout. Cheers to that!

Gose – Les Trois Mousquetaires

Les Trois Mousquetaires viennent d’embouteiller la première Gose au Québec, un style d’origine allemande assez particulier. En quelques mots, une Gose est une bière sûre avec une touche de sel et de coriandre. Voici comment j’ai apprécié ma bouteille : Au premier coup d’oeil, je me retrouve devant une bière blonde et trouble, agrémentée d’un film de levure qui descend tranquillement dans une danse tourbillonnante vers le fond du verre. À nez levé, je sens un peu de sécheresse et j’anticipe une acidité citronnée qui frise déjà les poils de mes narines. En bouche, l’acidité est d’abord percutante, mais le feu s’éteint en douceur dans une finale dangereusement rafraîchissante. L’aspect salé et la coriandre s’installent après quelques gorgées et les saveurs s’incrustent en subtilité en nous rappelant incessamment de retourner à notre verre pour une autre lampée.

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Suggestions bières hebdo : Trois Mousquetaires Blanche et 3 Brasseurs Triple

10 mai 2013 par Bière-Luc

Cette semaine, je vous suggère deux bières réunies sous le concept du chiffre 3 : une bière des Trois Mousquetaires et une bière des 3 Brasseurs.

BlancheLes Trois Mousquetaires

J’ai eu la chance de redécouvrir cette merveilleuse blanche, désormais brassée avec du blé allemand et avec la fameuse levure Weihenstephan qui confère de merveilleux arômes de banane à la bière. Avec sa jolie robe orangée, voilée au possible et légèrement mousseuse, cette blanche séduit au premier coup d’oeil. Le nez est fruité avec une poursuite en bouche qui se confirme avec des saveurs de pêche, d’ananas et de banane. Le portrait se complète admirablement bien avec une touche de levure, du girofle et quelques grains de poivre.

La Triple – Les 3 Brasseurs

J’étais heureux cette semaine d’apprendre que les 3 Brasseurs embouteillent et distribuent désormais quelques-uns de leurs produits. Leur Triple est une bière dans les teintes orangées avec beaucoup de mousse en guise de coiffe. Cette mousse persistante ressemble à de la ouate. À travers les nuages, un nez de houblons frais, de citron et d’épices arrive à percer. En bouche, les papilles en ont plein les mains (!) : les épices, le houblon et l’alcool se mélangent harmonieusement et confèrent du corps à cette bière que j’aurais cru plus mince. Les 3 Brasseurs ont leur place sur le marché de la bouteille.

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Suggestions bières hebdo : Stout à l’avoine et Carrick

3 mai 2013 par Bière-Luc

Je l’ai souvent écrit, expliqué et crié sur la voie publique – sans me faire arrêter par la police –, mais la couleur d’une bière n’a rien à voir avec sa saveur. Évidemment, la couleur peut nous donner quelques indices sur ce qu’une bière peut goûter, mais il ne faut pas généraliser. Pour le prouver, mes deux suggestions de cette semaine sont deux bières qui ont pratiquement la même couleur, mais qui n’ont que très peu de points commun sur le plan des saveurs. Ça vous tente d’essayer?

Stout à l’avoine – Microbrasserie Le Castor

Brune foncée avec un mince col de mousse éphémère. Nez de grains fumés, de chocolat et… d’arachides. En bouche, c’est le malt fumé qui s’exprime en premier en laissant place à des notes plus sucrées avec un peu de cacao en second plan. Une belle rondeur se déploie avec le pétillement soutenu et le sucré qui se prolonge jusqu’en finale. Très belle bière de dégustation.

Carrick – Le Naufrageur

Brune foncée, presque noir — il s’agit probablement du scotch ale québécois le plus foncé que j’ai bu dans la dernière année. Nez légèrement anisé avec un peu «bonbon» en périphérie. En bouche, la bière se prononce de façon beaucoup plus sucrée qu’escompté. L’alcool prend beaucoup de place. La finale nous laisse quand même une bonne amertume (malgré l’IBU de 28 annoncé). Je note aussi des saveurs de fumée. Par ailleurs, cette Carrick a quelque chose d’un bon whisky. Si je voulais m’approprier une phrase surutilisée auprès des amateurs de bières au Québec, je dirais que «c’est bon dans yeule»!

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